Pièce contemporaine
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Pièce contemporaine olicha

Pièce contemporaine

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Créer son propre langage... En voilà une consigne! En gros, faire ce qu'on veut, du moment que ça n'a jamais été fait. Et bien sûr, expliquer pourquoi, comment.
Moi qui ai une pensée consonante, qui ai toujours peur de retomber sur une mélodie existante, la seule issue était de partir d'une base sérielle. Ca limite déjà beaucoup le risque d'écrire quelque chose qu'on a déjà entendu.
Mais il me fallait trouver comment relâcher les contraintes pour retomber de temps en temps sur des harmonies auxquelles mon oreille est plus habituée.
D'abord, du contrepoint sériel: la série peut évidemment concerner les quatre parties, mais elle peut aussi ne se distribuer que sur une ou deux, pendant qu'une ou plusieurs autres formes de la même série se distribuent sur les autres voix. Une série peut même traverser des voix.
Ensuite, les boucles. S'autoriser, au sein d'une série, à tourner sur un segment avant de poursuivre jusqu'à la fin. Ca, c'est une licence qui permet, je trouve, de donner un sens mélodique à la série.
Enfin, une dernière licence qui m'est venue au début du troisième mouvement du fait de ce que je voulais arriver à faire, le repliement d'une série: la voix boucle par exemple sur les 4 premières notes de la série, puis le reste de la série vient se placer au-dessus de cette boucle.
A chaque fois, la série est complète.
Les possibilités offertes par ces licences sont suffisamment riches pour que je n'ai quasiment jamais eu besoin de la transposer.

Et j'ai appliqué cette version du langage sériel à mes styles musicaux habituels:
Le tango, pour lequel j'ai étudié plusieurs pièces de Piazzola pour en reprendre la rythmique ou la construction polyphonique.
La valse, pour laquelle j'ai pioché des structures chez Strauss et Ravel.
Enfin le final, où j'ai cherché à imiter des styles ou des compositeurs de musiques de films. Après l'ouverture qui correspond à ma façon de construire une musique à l'image, j'ai été chercher le western d'Elmer Bernstein, puis j'ai transité doucement vers Philip Glas, pour passer par Bernard Hermann qui débouche sur le film d'horreur; et j'arrive chez Thomas Newman avant ma ré-exposition.

Sacré voyage qui m'a donné l'impression de visiter des endroits familiers avec des verres déformants. Et toujours ce curieux sentiment, une fois la pièce terminée, de ne pas être sûr d'être celui qui a pu écrire ça.
Cours70
ModuleLes formes compositionnelles - Aborder l’écriture moderne et contemporaine
D'après
Dix pièces pour quintette à vent
György Ligeti
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Mai 2022
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Commentaires

Bravo! Très beau voyage.
Jérôme
le 31 mai à 08:59 Signaler un abus
Magnifique !
benoit
le 31 mai à 22:38 Signaler un abus