d'après
I. STRAVINSKY
Cantata" ou Cantate sur des textes médiévaux anglais
Cours
69
Contrairement aux cours précédents, je n'ai pas le sentiment d'avoir dû explorer un univers sonore initialement hostile à mon oreille, le modèle de Stravinsky restant tout à fait audible pour moi. En revanche, Polyphonies m'a fait produire une pièce que je n'aurais pas imaginé écrire un jour. Mettre en musique un texte en latin en s'appuyant simultanément sur la forme motet et le langage de Stravinsky, voilà bien une idée qui ne me serait jamais venue toute seule.
Trouver un texte en latin qui me parle n'a pas été chose facile. Après avoir exploré pas mal de poésies, j'ai entamé sans trop y croire une recherche dans la bible et j'ai découvert le livre des lamentations dont j'ai pu extraire des vers épars qui formaient une histoire dramatique inspirante.
J'ai toujours été surpris par la demande de Jean-Luc de commencer par produire un découpage annoté du texte, une sorte de note d'intention, avant même d'avoir la moindre idée musicale de ce que j'allais faire. Je croyais que toute composition provenait d'abord d'une idée musicale dont on travaillait ensuite le développement et les variations. Au final, je me rends compte que je n'aurais jamais écrit une pièce de cette longueur sans ce travail préalable auquel je me réferrais à chaque nouvelle étape; ce canevas purement intellectuel constituait une sorte de carnet de commandes qui me forçait à renouveller mes idées musicales. Comme d'habitude, il y a un moment où je m'interroge sur la façon de faire de la musique de film avec la consigne du cours. Au moment où la pièce s'accélère, j'ai utilisé une cellule mélodico-rythmique qui sous-tend tout le passage, tel qu'on me l'avait appris en stage de musique à l'image, mais avec le niveau de langage musical de Polyphonies.
Au bout du compte, je me retrouve avec une pièce cohérente, sans doute la plus longue que j'ai jamais écrite. Mais qu'on ne s'y trompe pas, je n'y serais jamais arrivé sans les conseils de Jean-Luc et ses validations bienveillantes de chaque élément du puzzle. Comme souvent, je me demande après coup si c'est bien moi qui ai écrit une pièce pareille. Ici, Jean-Luc m'oblige à admettre que je suis le seul compositeur de cette pièce. A ce niveau du cursus, il n'intervient plus sur la partition. Il se limite à des remarques générales, des conseils, et m'aide à passer par dessus mes doutes. Tout ce qui est écrit l'a bien été par moi et le programme pédagogique de Polyphonies a donc tenu toutes ses promesses: je suis maintenant capable d'écrire intégralement une pièce complexe.
publie
Décembre 2020 0 2
Absolument splendide, je suis au cours
Posté par Nabil NAJEM le 26 janvier à 21:13
Voilà qui donne envie à la bleusaille (dont je fais partie) de continuer à suer sur les exercices des premiers module! Merci de ce partage.
Posté par Raphael HONORE le 05 février à 10:27